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Les
tussies-mussies
Ce sont de tout petits bouquets
d'herbes aromatiques, de fleurs
et de graines dont l'usage
remonte au temps ancien des
villes insalubres et de la
grande peur des épidémies. En
usage en France comme en
Angleterre, le Tussie-Mussie
avait pour fonction de protéger
de la contagion et de dissimuler
les odeurs nauséabondes des rues
avant l'invention des poubelles!
Les herbes aromatiques servaient
aussi à joncher le sol devant le
cortège royal se rendant à
Westminster. En souvenir de
cette coutume, Elisabeth II
accepta un bouquet d'herbes
aromatiques le jour de son
couronnement en 1953. Les juges
en robe et perruque poudrée
portaient un tussie-mussie afin
de se protéger des émanations
néfastes venant des criminels
présents dans la salle
d'audience. D'une manière plus
romantique, ce petit bouquet
servait aussi à déclarer ses
sentiments. La
composition était alors
savamment élaborée en fonction
du destinataire et selon le
langage codé des fleurs et des
herbes.
Tussie-mussie féminin : Cannelle
ou vanille, mini roses,
verveine, romarin, feuilles de
pélargonium, myrte, mimosa,
etc... tout ce qui est joli et
qui a de l'odeur. Lier le tout
d'un fin ruban de satin ou de
gaze.
Tussie-mussie masculin :
cigarillo, verveine, feuilles de
citronnier, origan, lavande,
etc... Lier le tout
avec du vrai raphia ou une jolie
ficelle de chanvre. On peut
aussi monter des graines de
badiane étoilée ou des
cynorhodons sur du fil de fer et
les ajouter au bouquet.
Ces tussies-mussies, frais du
jour, sont à placer à chaque
couvert lors d'un repas entre
amis. Vous pouvez les préparer
24 h à l'avance et les conserver
intacts dans un sachet plastique
dans le bac à légumes du
réfrigérateur. Ils se conservent
très bien en séchant la tête en
bas. Ils parfumeront un tiroir
ou une armoire pendant
longtemps. Au printemps, on peut
réaliser de plus gros bouquets
d'herbes en choisissant les
senteurs avec discernement et en
y ajoutant des mini roses comme
"Cécile Brunner". Une collerette
de dentelle ou de tulle et vous
offrirez un peu de votre jardin
à vos amis.
Texte de Nicole Arboireau
12/2002
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